REIMS QI GONG, Yang Sheng
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Zhuang Zi - Le Zhuangzi - Courts extraits

Le Zhuangzi décrit avec beaucoup de finesse des expériences et des situations où dialoguent, figurent ou interviennent des animaux, des artisans ou hommes de métier (cuisinier, charron, charpentier,..), des personnages historiques (Confucius, Yan Hui, Hui Shi, Gongsun Long,...), légendaires, ou abstraits, et des personnages à caractère symbolique (Ombre, Pénombre, Sans Fin, Hun Dun, Illico, Presto,...).

Chapitre III

La parole n'est pas seulement un souffle. Celui qui parle a quelque chose à exprimer, mais ce quelque chose n'est jamais tout à fait déterminé par la parole. Ainsi donc, la parole existe-t'elle ou bien n'existe-t'elle point ? Celui qui parle diffère-t'il d'un poussin qui pépie ? S'en distingue-t'il ou ne s'en distingue-t'il pas ?

Le Dao n'a pas de bornes. La parole n'est pas sûre, c'est de la parole que viennent toutes les distinctions établies par l'homme.


A propos de la petite connaissance

L'homme, pendant la veille, son corps s'ouvre, il s'attache à tout ce qu'il perçoit et chaque jour il engage son esprit dans de vains combats.


Chapitre XXIV

Le penseur n'est pas heureux si les idées ne se succèdent pas dans sa tête.
Le sophiste n'est pas heureux quand aucune discussion ne se développe.
L'inspecteur n'est pas heureux quand il ne peut pas interroger et intimider.
Ils sont tous pris dans leurs affaires.
Ainsi les grands de ce monde cherchent-ils à briller à la cour,
les hommes d'un rang moins élevé à s'illustrer dans les fonctions officielles,
les hommes forts, à accomplir des hauts faits, dont ils pourront se vanter,
les courageux sont excités par le danger,
les soldats cherchent le combat,
les ermites s'emploient à se faire une réputation,
les légistes à multiplier les lois,
les ritualistes à paraître révérencieux,
les justes, à redresser l'injustice.
Le paysan n'est pas à l'aise quand il ne cultive pas son champ, non plus que le marchand quand il n'est pas à vendre et à acheter.
Les hommes du commun ont besoin d'avoir à faire du matin au soir pour se maintenir en activité, les artisans ont besoin de pratiquer leur métier pour développer sans cesse leur savoir-faire. L'avare est soucieux quand il n'amasse pas des biens et de l'argent. L'ambitieux souffre quand sa position ne s'élève pas. L'aventurier est à l'affût des troubles et, quand l'occasion se présente, ne peut faire autrement que de se jeter dans l'action.
Tous, ils se laissent porter par les jours et les heures et mener par leurs affaires.
Hélas ! Ils harcèlent leur corps et leur nature propre, ils se perdent dans les choses et ne reviennent jamais sur eux-mêmes.

De l'homme et du ciel

Chapitre XVII

Que veux-tu dire par le ciel (Tian), par l'humain (Ren) ?
Les checaux et les buffles ont quatre pattes, voilà ce que j'appelle le ciel,
Mettre un licou au cheval et percer le museau du buffle, voilà ce que j'appelle l'humain.
C'est pour cela que je dis, veille à ce que l'humain ne détruise pas le céleste, veille à ce que l'intentionnel ne détruise pas le nécessaire (Ming), ne cherche nul gain, ni prestige, préserve cela, veille à ne pas le perdre, voilà ce que j'appelle retour au vrai (Zhen).
Par conséquent, le ciel est dedans, l'humain est dehors et le pouvoir d'agir (De) réside dans ce qu'il y a de céleste en toi.

Savoir en quoi consiste l'action du ciel et savoir en même temps ce qu'est l'action de l'homme, il n'y a rien au-dessus de celà.
Celui qui sait en quoi consiste l'action du ciel vit selon le ciel. Celui qui sait véritablement en quoi consiste l'action humaine, nourrit ce que sa conscience saisit au moyen de ce qu'elle ne saisit pas.


Chapitre XIII

[...] Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas.


Maître Chun du royaume de Wei

Maître Chun de la muraille de l'est [...]
Sa manière est candide (Zhen). Il a l'apparence d'un homme, mais il est vide comme le Ciel. Il agit selon, tout en préservant sa candeur (Zhen). Il est clair comme l'eau et accueille à lui les autres êtres. Les êtres qui se comportent de manière contraire à la Voie: il suffit qu'il les regarde en face pour qu'ils comprennent et que leur vouloir disparaisse.


Chapitre XXII

L’homme doit la vie à une condensation (Ju) de Qi. Tant qu’il se condense, c’est la vie; mais dès qu’il se dissipe (San), c’est la mort.

C'est l'inévitable condition de l'homme d'être sans connaissance et sans pouvoir.
N'est-ce pas une pitié de voir ces gens qui se démènent pour tenter d'éviter l'inévitable.


Chapitre XV

Souffler et respirer, expirer et inspirer, rejeter l’air usé et en absorber du frais, s’étirer à la manière de l’ours ou de l’oiseau qui déploie ses ailes, tout cela ne vise qu’à la longévité. C’est ce qui est prisé de l’adepte qui s’efforce de guider et induire (Dao Yin) [l’énergie], de l’homme qui veut nourrir (Yang) son corps (Xing), ou de celui qui espère vivre aussi vieux que Peng Zu.
[...]

La vie du Saint est calquée sur la marche du ciel et sa mort à la transformation des choses. Au repos, il participe des influx du Yin, en mouvement des manifestations du Yang. Il n'est pas un pourvoyeur de bonheur, il n’anticipe pas le malheur, il se contente de répondre aux sollicitations du monde extérieur (Gan Er Hou Ying). Pressé, il se meut (Po Er Hou Dong); il n’agit que sous l’impulsion de la nécessité. Il a extirpé hors de lui raison et intention se contentant d'obtempérer à l'ordre des choses (Li).



Rester pur, sans mélange, être calme et un sans se modifier, se désintéresser des choses, exercer le non-agir, règler son activité sur le mouvement du ciel, tel est l'art de nourrir le Shen (esprit), le Yang Shen.


Chapitre XV



Les gens persistent à croire que nourrir (Yang) son corps (Xing) permet aussi de prendre soin de sa nature, alors que nourrir son corps ne suffit pas à cultiver sa nature.


De l'inutilité

Hui Shi : Vos idées (Yan) n'ont aucune utilité. Zhuang Zi : Il faut avoir reconnu la valeur de l'inutile pour pouvoir parler de l'utile. La terre est vaste mais l'homme n'en utilise que ce que recouvre ses deux pieds. Si vous enleviez toute la terre qui entoure ces deux pieds, et que vous creusiez jusques aux sources jaunes, la parcelle qui resterait lui serait-elle de quelque utilité ?
Non, dit Hui Shi.
Cela montre l'utilité de l'inutile, conclut Zhuang Zi

Alors qu'il traversait une montagne, Zhuang Zi aperçut un arbre dont les branches étaient fortes et la frondaison luxuriante. Un bûcheron passa par là, mais ne s'y intéressa guère, Zhuang Zi lui demanda la raison de son indifférence.
On ne peut rien en faire, répondit le bûcheron.
Sur quoi Zhuang Zi observa : Cet arbre vivra sa vie jusqu'à son terme


Parler est autre chose que souffler. Quand nous parlons, nous parlons de quelque chose, mais ce dont nous parlons n'est jamais déterminé. Alors, parlons-nous de quelque chose quand nous parlons ? Ou, n'avons-nous jamais parlé de rien.? Si l'on soutient que notre langage est différent du gazouillis des oiseaux, peut-on établir une distinction claire entre les deux ou, ne le peut-on pas ? Comment se fait-il que la Voie s'occulte et que naisse l'opposition entre le vrai et le faux ? Comment se fait-il que le langage s'obscurcisse et que naisse l'opposition entre le juste et le faux ?...


Le mille-pattes et le serpent

L'unipatte enviait le mille-pattes, le mille-pattes enviait le serpent. Le serpent enviait le vent. Le vent enviait l'oeil et l'oeil, l'esprit.
L'unipatte dit au mille-pattes : J'ai bien de la peine à avancer en sautillant sur ma patte. Je me demande comment vous faites pour mouvoir toutes les vôtres ?
Le mille-pattes répondit ; Mais non ! Avez-vous jamais vu un homme cracher ? Il suffit qu'il expectore pour qu'une pluie de gouttes, les unes grosses comme des perles; les autres fines comme un brouillard, s'abattent pêle-mêle en quantités innombrables. Eh bien, je laisse agir le ressort qui est en moi sans savoir comment il agit.
Le mille-pattes dit au serpent ; Comment se fait-il qu'avec toutes mes pattes, j'avance moins bien que vous qui êtes sans pattes.
Le serpent répondit : C'est l'effet du ressort qui est en moi. Je ne puis rien changer à son action et me passe fort bien de pattes.
Le serpent dit au vent : Quand je meus mes vertèbres et mes côtes, cela se voit. Mais quand vous vous élevez de la mer du Nord et que vous vous abattez sur la mer du Sud en tournoyant, vous n'avez pas de forme visible. Comment cela se fait-il ?
Le vent répondit : Il est vrai que je m'élève en tourbillonnant de la mer du Nord et que je m'abats en tournoyant sur la mer du Sud, mais il suffit qu'on lève le doigt ou qu'on me marche dessus pour être plus fort que moi. Cependant j'arrache les arbres et j'emporte les maisons. Cela, je suis le seul à pouvoir le faire. De toutes mes petites défaites, je fais de grandes victoires. remporter de grandes victoires, seul le sage en est capable...

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