REIMS QI GONG, Dào Jiāo
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Le Zhōng Yōng - La pratique équilibrée - L'invariable milieu - Quelques courts extraits choisis

Cet ouvrage a toujours posé des problèmes d'interprétation, à commencer par le sens à donner au titre. Pour Han Shan Te T'ching, Zhong désigne la totalité de la nature innée de chaque homme et Yong, la mise en pratique de cette nature. Dans ses commentaires, Zhu Xi écrit : Ceux qui se maintiennent ordinairement dans le continuum authentique du réel n’inclinent d’aucun côté et ne prennent aucun parti. Leur conduite est préservée de l’excès et de l’insuffisance. Le principe de cohérence des choses ordinaires est l’évidence du lot que le Ciel-Nature leur a destiné, ce en quoi réside l’esprit vital de chacun.
Diana Arghiresco écrit : Le « Zhōngyōng » signifie, entre autres, la manière dont ce qui est intérieur, le « zhong », profond, caché, authentique, transforme et rend harmonieux l’extérieur par une diversité infinie de formes et d’usages quotidiens, « yong ». Ansi, le Zhōngyōng , ou « continuité dynamique intérieur-extérieur », se définit avant tout comme la mise en œuvre courante et manifeste d’un substrat latent ou indécelable, qui unifie et tient ensemble la réalité.
Voici quelques courts extraits du Zhōng Yōng







On nomme nature la vie commandée par le Ciel; on nomme voie le respect de cette nature et éducation la culture de la voie.

Aucune distance ne saurait être prise avec la voie. D'ailleurs comment serait-ce la voie si l'on pouvait s'en distancier. C'est pourquoi l'homme de bien est circonspect vis à vis de ce qu'il n'a point vu et craintif vis à vis de ce qu'il n' a pas entendu. Rien de plus évident pour lui que l'obscur et de plus manifeste que le ténu. [...]

On nomme équilibre l'état dans lequel le contentement ou la colère, le chagrin ou la joie ne se sont pas encore déployés. On nomme harmonie l'état dans lequel ils se sont déployés, mais avec une modération équilibrée.


L'équilibre est le fondement (racine) du monde, l'harmonie est la voie qui le pénètre de toutes parts.


C’est donc quand équilibre et harmonie accèdent à leur plus haut niveau que le ciel et la terre sont stabilisés et que les 10000 êtres croissent.

[...] L’homme de bien exerce une pratique équilibrée L’homme de peu exerce le contraire d’une pratique équilibrée. Dans sa pratique équilibrée, l’homme de bien est constamment dans l’équilibre…

La voie suivie par l’homme de bien reste fort discrète, alors qu’elle se répand partout. Ainsi même les hommes et les femmes particulièrement stupides parviennent à en prendre connaissance. Mais aux saints il échappe des aspects de compréhension pour accéder à la perfection. Les hommes et les femmes particulièrement incapables parviennent à la mettre en pratique. Mais aux saints il s’avère impossible d’accéder à la perfection. [...]


Sous le Ciel, seul celui qui est d'une parfaite sincérité est à même d'atteindre les limites de sa propre nature; les ayant atteintes, il est à même d'atteindre les limites de la nature des autres hommes; les ayant atteintes, il est à même d'atteindre les limites de tous les autres êtres; les ayant atteintes, il peut assister le ciel et la terre dans leurs processus de transformations/croissance; les ayant assistés il peut former un trio avec le ciel et la terre.

Après lui vient celui qui tend à développer au mieux ce qui est en germe en lui. Car dès lors qu'il développe ce qui est en germe en lui, il lui est permis d'accèder à la sincérité de sa propre nature. Quand sa sincérité a pris forme, sa manifestation prend forme. Quand elle a pris forme, elle apparaît alors clairement. Quand elle est apparue clairement, elle se met en mouvement. Quand elle s'est mise en mouvement, elle change les êtres. Quand elle les a changés, elle les transforme. Sous le ciel, seul celui qui est d'une parfaite sincérité, est capable d'opérer toutes ces transformations.

La voie de la parfaite sincérité permet de connaître les évenements à venir. [...]
Celui qui est sincère se réalise lui-même et la voie montre elle-même la voie.

...
Immensément vaste [semblable au ciel], source abyssale [semblable à l'abîme], [le Saint] surgit en temps opportun
C'est pourquoi on dit qu'il fait couple avec le ciel.

L'homme de bien accomplit sans même agir. Sincérité parfaite conformité de l'action avec l'oeuvre du Ciel et de la Terre L'homme de bien est celui qui sait voir en lui-même, dans sa solitude et sa particularité avant d'observer à l'extérieur et éventuellement agir (aussi sur autrui). Ce regard intérieur possède deux fonctions: observer qu'en lui la nature conférée par le ciel est conforme à celui-ci et de constater que ses intentions ne comportent pas de mauvais desseins Ce regard n'est pas seulement moral, psychologique mais aussi philosophique et pratique : il précède l'action, la pratique. Ce processus constant à caractère centrifuge procède de l'intérieur vers l'extérieur.




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